Samedi 3 mars 2007

            

Un grand parti du centre ? C'est absurde répondent les ténors du PS et de l’UMP. La France, et tout le monde sait cela, est structurellement articulée autour d’un immuable clivage gauche/droite. De plus, avec qui un tel parti pourrait-il gouverner, à moins d’aboutir à l’ineptie bicéphale qui consisterait à négocier sans cesse avec sa moitié droite et sa moitié gauche. Il va de soi qu’un tel tiraillement est à mille lieux de hanter les deux partis majoritaires français... Il va de soi que rêver, comme Bayrou, d’un grand parti de centre, c'est faire preuve d’une naïveté ou d’une ignorance inexcusable de la classe politique française. Pourtant, Clémentine Autain nous a mis en garde dans Le Monde : « Bayrou n’est pas Casimir », et ce dans une tribune d’une intelligence et d’une portée telle que nous ne pouvions que nous exclamer, épuisés par une aussi brillante démonstration, que Clémentine Autain n’est pas Einstein…

 

L’affaire est pliée, il est impossible de gouverner en rassemblant des hommes et des femmes séparés par un tel clivage. Et pourtant… Freud parlait du « narcissisme des petites différences » désignant par là une intolérance plus grande à l'égard de ce qui est peu différent qu'à l'égard des dissemblances fondamentales. Pour le dire autrement et dans la perspective qui nous intéresse, plus on est proche idéologiquement, plus le fait de s’entendre semble insurmontable. L’exemple parfait est celui de la multiplication des tendances et candidats trotskistes ou écologistes. Si l’on élargit cette réflexion au PS, on arrive très vite à la conclusion suivante : il y a infiniment plus d’écart et de séparation entre Fabius, Mélenchon ou Emmanuelli avec DSK, Rocard, Delors ou Jospin, qu’entre ces derniers et Bayrou. De même à droite, il y a sûrement plus de différences entre Sarkozy et Borloo, Villepin ou Barnier qu’entre ces trois derniers et Bayrou. Et pour aller au bout de notre panorama, notons que le attaques les plus virulentes de Bayrou ont été portées contre Gilles de Robien, issu de l’UDF.

             

 

 

 

En somme, une alliance autour d’un projet articulé et d’hommes compétents, bien qu’appartenant à des familles politiques différentes, me semble moins aberrante que le monstre à deux têtes qu’est actuellement le PS et dans une certaine mesure l'UMP. Je souhaite bien du courage à Ségolène Royal pour mettre d’accord Chevènement et DSK sur les institutions européennes ou le rôle de la BCE, pour mettre d’accord Fabius et ce même DSK sur la nécessité de faire financer certains cursus universitaires par des entreprises privées, ou encore Mélenchon et l’aile moderniste du PS sur la fiscalité et les retraites. D’ailleurs, Eric Besson lui-même n’y croyait plus. Sarkozy n’aura pas la tâche bien plus facile à propos de l’entrée de la Turquie dans l'Europe, de la discrimination positive, de la rupture avec la politique pro-arabe de la droite gaulliste, etc. Les grands écarts ne sont finalement pas là où on le croit.

O.L.          

Par Collectif - Publié dans : apropos
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus