Nous nous en sommes à peine rendus compte :
Le troisième acte est l’histoire d’une victime : le Parlement. Tandis qu’un raz-de-marée bleu a envahi l’Assemblée Nationale, le Parlement s’est mué en chambre d’enregistrement des projets du gouvernement. 5 ans d’une mascarade législative où le gouvernement est sans cesse passé en force, empilant les lois.
À l’origine pourtant, il y avait un beau projet. Le quinquennat devait radicalement changer les institutions. Le premier président élu pour un quinquennat allait avoir un rôle historique : à lui de proposer un nouvel équilibre des pouvoirs qui redonnerait sa place au Parlement et rendrait le président d’avantage comptable de ses engagements, en phase avec les temps politiques de la nation, sorte de super Premier ministre. A lui de proposer un nouveau style présidentiel, à la hauteur de l’enjeu.
Or pour l’instant, ce projet n’existe plus. Le coupable ? Jacques Chirac, un président autiste et irresponsable. En affaiblissant d’abord l’aura de la fonction présidentielle par la dissolution aventureuse de 1997 comme par son train de vie dispendieux, en méprisant ensuite le pacte républicain du second tour de 2002, qui imposait de gouverner au centre avec toutes les sensibilités politiques, il a choisi d’être le fossoyeur de
Heureusement il en va de la politique, comme de l’économie. Elle connaît des cycles. Une fois au fond, un jour, on remonte. Il ne faut rien de moins qu’une petite révolution pour que la pratique des institutions se retrouve enfin en phase avec le désarroi social, politique et civique du pays. Seul le message de rassemblement de François Bayrou peut ouvrir cette voie. Cette fois-ci, les élections législatives devront avoir un sens fort. S’il est impératif que les électeurs valident leur choix présidentiel, il l’est tout autant qu’ils fassent un choix local. L’enjeu est de taille. Entre le tout majoritaire qui annihile le Parlement et la fausse démocratie participative qui ne s’invente qu’en période électorale, il existe depuis longtemps un beau compromis historique à réhabiliter : la représentation.
B.B.
